dire

5e édition

DIRE.

v. a. Conjugaison : Je dis, tu dis, il dit ; nous disons, vous dites, ils disent. Je disois ; nous disions. Je dirai, tu diras, il dira, nous dirons. Dis. Je dirois. Que je dise. Que je disse. Disant.
■  Exprimer, énoncer, expliquer, faire entendre par la parole. Dire du bien, du mal de quelqu’un. Il dit son avis, son sentiment. Il ne dit pas tout ce qu’il pense. Il dit tout ce qu’il sait. Il ne sait ce qu’il dit. Laissez-le dire. Je vous l’avois bien dit. C’est bien dit. Dire un secret. Dire des duretés, des injures, des extravagances, des saletés, des impiétés. Dire ses raisons.
En Poésie, Dire se dit pour chanter, raconter. Je dirai vos exploits.
Il signifie aussi réciter. Dire sa leçon. Dire sa harangue par cœur. Dire ses heures, son chapelet, son bréviaire.
On dit proverbialement, Cela va sans dire, cela s’en va sans dire, pour dire, que La chose est certaine, incontestable, qu’elle n’a pas besoin d’être expliquée.
On dit, Dire la Messe, pour dire, Célébrer la Messe.
On se sert de cette façon de parler, On dit, pour signifier, C’est la commune opinion, ou le bruit qui court, c’est la façon de parler ordinaire.
Dire, se dit figurément Des actions, des regards, etc. Mes yeux, mes regards vous disent que je vous aime. Sa contenance, son trouble, sa confusion disent assez qu’il est coupable. Mon silence vous en dit assez.
Dire, signifie quelquefois Offrir, proposer. J’ai trouvé toutes ces étoffes si chères, que je n’en ai rien dit. Nous n’avons garde de convenir du prix de ce drap, si vous n’en dites rien. Dites-en un prix raisonnable, si vous voulez que j’achète.
Dire, se prend aussi quelquefois pour Juger. Les avis sont si partagés sur cette affaire, qu’on ne sait qu’en dire. Je ne sais que dire de tout cela.
On dit, Dire des douceurs, des fleurettes à une femme, pour, La louer sur sa beauté, sur son mérite, lui parler d’une manière flatteuse.
Dans le style familier, on dit, Dire à quelqu’un son fait, pour signifier, Lui faire les reproches qu’il mérite ; Dire pis que pendre de quelqu’un, pour dire, En parler très-mal.
On dit figurément, qu’Une chose ne dit rien, pour dire, qu’Elle ne signifie rien ; que dans la place où elle est, elle ne sert de rien. Tels ornemens dans ce tableau ne disent rien.
Et à peu près dans le même sens on dit d’Une femme qui a de beaux yeux, mais qui ne sont pas animés, Elle a de beaux yeux, mais ils ne disent rien.
On dit aussi figurément et familièrement, Le cœur me le dit, pour dire, J’en ai quelque pressentiment. Le cœur me dit que cela arrivera.
On dit familièrement, Si le cœur vous en dit, pour dire, Si vous en avez envie. Nous irons là, si le cœur vous en dit. Le cœur vous en dit-il ?
Il se prend encore figurément pour, Faire connoître, signifier. Cela veut dire que .... Vous me regardez froidement, que voulez-vous dire par-là ? On dit absolument : C’est-à-dire. Qu’est-ce à dire ? Et c’est la même chose que si on disoit : Cela signifie. Qu’est-ce que cela signifie ?
Dire, signifie quelquefois prédire. Dire à quelqu’un sa bonne aventure.
Trouver à dire, signifie, Trouver qu’il manque quelque chose. On a trouvé à dire à cette somme. Il s’y est trouvé à dire un écu. Il se dit aussi Des personnes. On vous a trouvé à dire dans cette compagnie.
Trouver à dire, signifie encore, Trouver à reprendre. Que trouvez-vous à dire à cette action ? ou mieux, Que trouvez-vous à redire à cette action ?
On dit encore, Qu’en voulez-vous dire ? pour dire, Qu’y trouvez vous à reprendre ?
On dit, Il y a bien à dire, pour signifier, Il s’en faut beaucoup. Il y a bien à dire que je n’aie mon compte.
Il signifie encore, Il y a grande différence. Il y a bien a dire entre ces deux personnes. Il y a tout à dire.
On dit, Il n’y a pas à dire, il faut marcher, pour dire, Il n’y a pas de résistance à faire.
On dit, quand on fait quelque légère plainte, un léger reproche en peu de mots, Cela soit dit en passant.
On dit aussi familièrement, S’il vient à bout de ce qu’il a entrepris, je l’irai dire à Rome, pour dire, qu’On croit la chose impossible, ou très-difficile.
On dit d’Un homme qui écoute les autres, et ne parle point, S’il ne dit mot, il n’en pense pas moins.
On dit, C’est tout dire, pour tout dire, pour dire en un mot ; et cela signifie, qu’Il n’y a rien qui ne soit renfermé dans la phrase qu’on vient de dire ou qu’on va dire.
On dit encore par une manière de compliment populaire, Cela vous plaît à dire, pour marquer, qu’On ne convient pas de ce qui est dit par manière de flatterie. Il se dit aussi par manière de refus. Il prétend que je le paye ; mais cela lui plaît à dire.
On dit figur. et familièrem. qu’Un homme dit d’or, pour signifier, qu’Il parle bien, surtout quand il parle selon nos sentimens et nos intérêts.
En style poétique, à la fin du discours d’un personnage, on met souvent, Il dit, pour, Il parla ainsi, après qu’il eut ainsi parlé.
p. 427Et dans la conversation on dit, J’ai dit, pour marquer, qu’On n’a plus rien à dire.
On diroit d’un fou, d’un homme ivre, Locution familière, pour dire, qu’À en juger par les actions, les discours d’un homme, on le croiroit ivre ou fou. On eût dit d’un démoniaque quand il récitoit ses vers.
Dire, s’emploie avec le pronom personnel. Il se dit votre parent, pour dire, Il prétend, il assure qu’il est votre parent.
Disons mieux, façon de parler adverbiale. Il est l’Avocat des pauvres ; disons mieux, il en est le père.
Dire, se prend quelquefois substantivement en termes de Pratique, pour ce qu’une des Parties a avancé. On a inséré dans le procès verbal le dire du défendeur. Le dire des témoins. Au dire des Experts. Au dire des Anciens.
On dit aussi en conversation : Au dire de tout le monde. Prouver son dire.
On dit, Le bien-dire, pour dire, L’élégance dans le discours.
On dit familièrement, qu’Un homme est sur son bien-dire, sur son beau dire, pour signifier, qu’Il est en train de parler ; et ordinairement il se dit d’Un homme qui affecte de bien parler. Ainsi il ne se prend guère qu’en mauvaise part.
On disoit autrefois, Un homme bien-disant, pour dire, Qui parle avec éloquence, avec élégance. Mais il ne se dit plus que par raillerie.
Soi-disant. Terme de Palais, qu’on emploie quand on ne veut pas reconnoître les qualités que prend quelqu’un. Un tel soi-disant légataire, soi-disant héritier.
Il se dit aussi par raillerie ou par mépris. Un tel soi-disant Docteur, soi-disant Gentilhomme.
Dit, ite. participe.
Il signifie quelquefois Surnommé. Charles V, dit le Sage.
Il se joint aussi avec les articles et les pronoms, et a la force du relatif pour les choses ou pour les personnes dont on a parlé. Il n’est guère d’usage qu’en style de Pratique, de formule. Ledit tel. Ladite maison. Mondit Seigneur. Sondit procès verbal.
Dans le même sens il se joint encore aux adverbes Sus, dessus, devant, après, etc. Susdit. Ci-dessus dit. Ci-devant dit. Ci-après dit, etc.
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