réserver

7e édition

RÉSERVER.

v. a.
■  Garder, retenir quelque chose d’un tout, une chose entre plusieurs autres. Il a vendu la propriété de ce domaine, mais il s’en est réservé l’usufruit, la jouissance. Il a vendu les fruits de son jardin, mais il s’est réservé tant d’arbres. Il a cédé son établissement, mais il s’est réservé une pension. L’évêque se réserve le pouvoir d’absoudre de certains cas. Le ministre s’est réservé la connaissance de cette affaire. Dieu semble s’être réservé la punition de ce crime.
Il signifie aussi, Garder une chose pour un autre temps, pour un autre usage, la ménager pour une autre occasion. Réservez vos conseils pour un moment plus favorable. Il est bon de réserver quelque argent pour les besoins imprévus. Réservez-moi vos bontés pour une autre occasion. Le gouverneur de cette place ne veut point faire de sorties, il réserve ses troupes pour soutenir les attaques. Il réserve ce cheval pour un jour de bataille. La cour a jugé le principal, et a réservé à faire droit sur les intérêts. Il réserve le reste de l’explication à un autre temps.
Dans ce sens il se dit aussi Des personnes. Le général réserva ses meilleures troupes pour une dernière attaque. Un homme discret réserve ses amis pour les occasions essentielles.
Se réserver à faire quelque chose, ou de faire quelque chose, Attendre, remettre à faire cette chose quand on le trouvera à propos, en temps et lieu. Je me réserve à faire cela en tel temps. Je me réserve de lui en dire mon avis en temps et lieu. Je me réserve à parler quand j’aurai entendu vos raisons. On dit, dans un sens analogue, avec le pronom personnel régime direct : Je me réserve pour une autre occasion. Il se réserve pour de plus grandes choses. Un tel n’a pas parlé aujourd’hui dans la discussion de cette loi, il se réserve pour demain. Je ne danserai point de contredanse, je me réserve pour la valse. Se réserver pour le rôti, pour le second service, pour l’entremets.
Au Barreau, Se réserver la réplique, Déclarer qu’on veut répliquer. On dit de même, L’avocat a prié les juges de lui réserver la réplique, Il leur a demandé la permission, le droit de répliquer quand il en sera temps.
Réserver, signifie quelquefois, Destiner. Les événements lui réservaient une fin glorieuse. Il a enfin reçu la punition que la justice divine lui réservait. Il était réservé à de grands dangers. Il s’emploie aussi impersonnellement. C’est à lui qu’il était réservé de terminer cette longue guerre.
Réservé, ée. part. passé.
Tout droit réservé. Toute prétention réservée. Tous dépens réservés.
Cas réservés, Les péchés dont on ne peut être absous que par le pape ou l’évêque, ou par les prêtres qui ont reçu d’eux un pouvoir spécial. Voyez Réservé, adjectif.
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