cochon, -onne

COCHON, COCHONNE

nom
Étymologie : xiiie siècle, au sens de « jeune porc, cochon de lait » jusqu’au xviie siècle. Peut-être issu d’une onomatopée servant à appeler les porcs ou reproduisant leurs grognements.

I.

I. Nom masculin. Mammifère omnivore de la famille des Suidés. Le cochon sauvage, le sanglier. Le cochon domestique, le porc.
1.  Spécialement. Le porc châtré qu’on engraisse pour sa viande. Avoir à la porcherie un verrat, une truie et trois cochons. Un cochon d’un an. Cochon de lait, qui tète encore ou n’a été nourri que de lait. La soue, l’auge du cochon. Le cochon grogne. Le groin, la queue en tire-bouchon du cochon. Élever, engraisser des cochons. Mettre un cochon au gland, à l’engrais. Un cochon gras. Tuer, saigner le cochon. Saler le cochon. Crier comme un cochon qu’on égorge.
2.  Expr. fig. et fam. On se demande si c’est du lard ou du cochon, on se demande de quoi il s’agit exactement, on ne sait à quoi s’en tenir. Il est tout juste bon à garder les cochons, c’est un incapable, tout juste bon aux plus basses besognes. Nous n’avons pas gardé les cochons ensemble, nous ne sommes pas du même milieu. Pop. Il est bête comme trente-six cochons, il est particulièrement stupide. Ils sont copains comme cochons. Les cochons de payants, les contribuables. Par allusion à l’aspect physique du porc. Avoir des yeux de cochon, de très petits yeux. Être gras comme un cochon. Par allusion à la saleté qu’on prête au porc. Il est sale comme un cochon. Manger comme un cochon, manger très salement ou avec une gloutonnerie répugnante. Une nourriture pour les cochons, des mets composés de produits de basse qualité et mal préparés. Ils ont travaillé comme des cochons, sans soin. Tout est à refaire, c’est du travail de cochon. C’est donner de la confiture, des perles aux cochons, c’est offrir quelque chose de bon, de beau à qui est incapable d’en apprécier la valeur. Par allusion au caractère jugé déplaisant ou agressif du porc. Quelle tête de cochon ! quel mauvais caractère ! Avoir un caractère de cochon. Elle était d’une humeur de cochon, elle faisait sa tête de cochon. Il m’a joué un tour de cochon, un tour vilain et bas. Un temps de cochon, un temps exécrable. Cochon qui s’en dédit, formule de mise au défi, et dont on use, souvent plaisamment, au terme d’un engagement.
3.  Par analogie. Cochon de mer, requin benthique de petite taille, dépourvu de nageoire dorsale ; nom donné parfois au marsouin. Cochon d’Amérique, cochon noir, voir Pécari. Cochon cuirassé, voir Tatou. Cochon d’Inde, voir Cobaye.
▪ Loc. fig. et fam. Mâtiné de cochon d’Inde, qui est de race indécise, en parlant d’un animal. Un épagneul mâtiné de cochon d’Inde, un corniaud.
▪ Marque de domaine : technique. Queue-de-cochon, voir ce mot.

II.

II. Nom. Fig., fam. et péj. Souvent employé comme terme d’injure ou de mépris.
1. Personne malpropre, très sale. C’est un vrai cochon, il a tout sali.
2. Personne qui a le goût des obscénités, qui se permet des actes impudiques ou des propos indécents. C’est un vieux cochon. Une cochonne, une vicieuse. Adjectivement. Il est très cochon. Par extension. Des livres, des films, des dessins cochons, pornographiques. Une histoire cochonne.
3.  Pop. Personne désagréable, qui joue des mauvais tours et contre laquelle on éprouve du ressentiment. Ces cochons-là nous ont roulés.
▪ Par extension. Suivi d’un complément, pour parler de ce qui est déplaisant, pénible. Cette cochonne de vie, de guerre. Ce cochon de vent, de temps.
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