air

II. AIR

nom masculin
Étymologie : xvie siècle. Emploi figuré du mot précédent.
↪ voir aussi : I. Air (n. m.)III. Air (n. m.)
1. Façon d’être, de paraître, d’apparaître ; manière de parler, d’agir, de marcher, de se tenir, de s’habiller, de se conduire dans le monde ; maintien, contenance, mine, comportement. À l’air dont il marche, dont il entre et dont il sort, de l’air dont il parle, dont il agit, dont il se conduit, on peut juger que… De l’air dont il s’y prend, il aura de la peine à réussir. Dire les choses d’un certain air. Je trouve à cette femme un air renfrogné. Elle trouvait à ces hommes un air distingué, un air de distinction. Il lui trouvait l’air d’une grande dame. Il se donne des airs de jeune homme. Prendre un air narquois, pincé, condescendant. Elle prenait des airs de supériorité, de petits airs entendus. Il prit un air de circonstance. Prendre des airs, se donner des airs, se donner de grands airs, affecter, prendre un ton, des manières au-dessus de son état, de sa condition, de sa fortune.
▪ Marque de domaine : équitation. Surtout au pluriel. Manière dont le cavalier fait aller son cheval. Air relevé, allure, obtenue par dressage, d’un cheval qui lève très haut les pieds. Ce cheval va à tous airs, c’est un cheval que l’on manie comme on veut.
2. Avec le verbe Avoir. Avoir grand air. Avoir bon air, mauvais air. Avoir un air simple, hautain. Elle a toujours un air enjoué qui rend sa fréquentation fort agréable. Il a parfois des airs de voyou ou, elliptiquement, des airs voyou. En parlant d’une chose. La maison avait un air de fête.
▪ Avoir l’air, suivi d’un adjectif épithète. Dans les cas où air garde son sens plein, où un autre verbe (prendre, se donner) peut se substituer à avoir et où un air, des airs peut remplacer l’air, l’adjectif est épithète et s’accorde avec le mot air. Avoir l’air noble, l’air guerrier, l’air martial. Elle a l’air gracieux. Elles ont l’air niais, l’air ridicule, l’air prétentieux. Ils ont l’air chagrin, l’air méprisant. Vous avez l’air sombre, l’air triste. Elle a l’air tendu des éternels inquiets. Ils ont l’air dur mais le cœur bon.
▪ Loc. verb. Avoir l’air, sembler, paraître. Le sujet peut être une chose. Suivi d’un adjectif qui, attribut, s’accorde avec le sujet. Elle a l’air méfiante, spirituelle. Ils ont l’air imbus de leur personne. Elles ont l’air bonnes, mauvaises. Cette pêche a l’air délicieuse. Cette maison a l’air abandonnée. Ces propositions ont l’air sérieuses. Suivi d’un infinitif introduit par de. Ils ont l’air de bien comprendre. Vous n’avez pas l’air d’aimer cette personne. Elle a l’air d’être rassurée. Il m’a l’air d’aimer cette région. Il m’a l’air de ne pas savoir de quoi il parle. Ce temps n’a pas l’air de lui convenir. Suivi d’un substantif introduit par de. Il a l’air d’un parfait honnête homme. Elle m’avait l’air d’une personne sensée. Ce résultat m’a tout l’air d’un désastre.
3.  Expr. Un air mi-figue, mi-raisin, un air dont on ne saurait dire s’il exprime la satisfaction ou le mécontentement. Avoir un air de famille, une certaine ressemblance. L’oncle et le neveu ont un air de famille. Avoir un faux air de, une ressemblance trompeuse avec. Elle avait un faux air de Mona Lisa. Avoir un air de chien battu. Avoir, prendre un air de sainte nitouche, des airs de sainte nitouche, affecter une parfaite innocence. Sans avoir l’air d’y toucher, en feignant de se désintéresser de la question. Sans en avoir l’air, ou sans avoir l’air de rien, sournoisement, en feignant de ne pas songer à une chose alors que, précisément, c’est à elle que l’on pense. Il n’avait l’air de rien mais il écoutait attentivement ce que vous lui disiez. Cela n’a l’air de rien, cela semble insignifiant.
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